Fête du printemps

Je n’ai jamais vraiment fêté Chunjie, le nouvel an chinois, parce que comme beaucoup de fêtes nationales et populaires, elle me fait un peu peur. La ripaille, les pétards, le gala de la CCTV sont pour moi assez anxiogènes.

Cette année, il a plu à Paris et je n’ai pas emmené mon fils voir la danse du lion à Belleville ou à Arts et Métiers; je me suis contentée de répondre aux nombreux vœux envoyés par mes copains chinois sur WeChat et de suivre de loin les festivités.

En Chine, WeChat a complètement modifié la manière d’échanger et de communiquer entre les individus. On s’ajoute sur WeChat bien plus facilement que l’on demande un numéro de téléphone, car finalement cela engage à beaucoup moins. On a juste accès à un long feed que l’on peut on non commenter ou “liker”, sans cesse alimenté d’articles et de photos , et il faut savoir que les chinois sont beaucoup plus accros à la web photography que nous autres européens, ce sont de loin ceux qui postent le plus de photos de leur repas, sans parler des selfies.

De ce fait je ne peux pas dire que les 600 et quelques personnes de mon répertoire sont tous des amis proches, disons plutôt des acquaintances au profil plutôt urbain, semi branché-cultivé, créativo-artistique; mon carnet compte quelques icônes de la vie culturelle et nocturne, une ou deux fashionistas, des ouvriers en tout genre, des prestataires de matériel audio, une poignée de punks, pas mal de jeunes entrepreneurs, bref, des chinois hyper actifs, hyper connectés et un peu exhibitionnistes. (Rassurez-vous j’y ai tout de même quelques vrais amis).

Et bien ce qui m’a interpellé cette année en regardant, de Paris, les feeds provenant de tous ces yuppies chinois fêtant le jour de l’an c’est l’extrême dichotomie avec ce qu’ils postent d’habitude, c’est à dire tout ce qui a trait à leur moi social, leur position, leurs activités, leurs sorties, leurs achats, et les posts de leur retour au pays natal, qui au contraire montrent pour beaucoup l’humilité de leurs racines. D’autres biensûr montrent comment les “vacances de printemps”, comme ils les appellent, sont aussi l’occasion d’une gigantesque transhumance à l’occasion de laquelle certains préfèrent au contraire partir se faire dorer la pilule en Thaïlande (en même temps que des centaines de milliers d’autres compatriotes) ou visiter les vieilles pierres européennes.

Pendant la dizaine de jours de ces vacances, loin des grandes villes, des longues journées de travail, de la pression de la réussite sociale, c’est comme si tout le monde retrouvait un peu de candeur, ralentissait un peu la cadence.

J’ai fait ci dessous une petite sélection de photos glanées sur WeChat, qui m’ont plus ou moins touchées. Pour moi qui suis à Paris, c’est un bon moyen de me retrouver en Chine, dans la Mandchourie glaciale ou les foisonnants marchés du Guangdong, des les temples bouddhistes et les humbles bicoques de briques de la Chine intérieure. Ces images me rappellent à quel point en Chine, des millions de personnes sont issues de zones rurales, sont venus tenter leur chance à la ville et vivent à des milliers de kilomètres de leurs familles. Beaucoup sont comme expatriés dans leur propre pays et ne reviennent dans leur village qu’une fois par an…Bonne année à eux!

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