Joseph Sauvin, un artiste en maternelle

Joseph Sauvin, né à Pékin en 2012, vit et travaille à Paris

Au tournant 2017-2018, le thème du bateau s’est largement déployé dans la production de l’artiste. Toujours dans la lignée de ses sujets guerriers où l’équipement, la machinerie et l’armement occupent largement l’espace de ses dessins format A5, ses bateaux ne partent pas à la dérive, bien au contraire, ils semblent fixés sur une trajectoire sûre et ne laissent que peu de place à la représentation de l’élément aquatique.

La mer et l’océan n’apparaissent en effet presque jamais, et c’est véritablement la figure du bateau qui se dresse avec la solidité des châteaux forts du début de sa carrière (voir séries 2015). Outre cette solidité, on retrouve dans ces navires le sens du détail et de la signalétique caractéristique de l’œuvre de Joseph Sauvin. Des voiles dressées, des pavillons affichant des croix, des épées entre- croisées ou des têtes de mort, des ancres, tracées avec précision et des cales remplies pour traverser l’atlantique.

Cette figure du navire, voilier, caravelle ou galion occupe des cahiers entiers sur des pages et des pages et évoque tout autant la scène d’un théâtre qu’un vaisseau traversant les flots. En effet, c’est à son bord que se jouent des séries de batailles où s’affrontent pirates et autres marins d’eau douce. Les corps des combattants, toujours représentés dans leur frontalité, sont coiffés de visages hardis, souriants ou cruels. En quelques traits simples, l’effet de mêlée est rendu, et les armes, nombreuses, dégainées. En tant qu’œuvre de jeunesse, « Les bateaux 2017-2018 » traduisent avec clarté, l’énergie brute et spontanée de l’artiste à un moment charnière de sa vie, peu avant l’entrée en CP.