Patnem Beach

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Patnem Beach (située juste après la plage de Palolem indiquée sur la carte)
5 mars
Patnem Beach 7:30 du matin, le bungalow principal du resort où j’ai réservé une semaine de “yoga vacation”  est rempli de suédois venus faire un cours intensif de 21 jours. Tout le monde (essentiellement des femmes) est tourné vers l’écran naturel qu’est la plage, comme une télé aux mouvements imperceptibles, branchée sur le bruit des vagues du matin.

Les suédois prennent leur petit déjeuner en silence (cela fait partie de leur routine journalière), aussi l’ambiance du matin est très cléricale, on n’entend que le bruit des cuillères qui teintent sur le bord des bols de porridge.
J’ai l’étrange impression d’être dans une sorte de sanatorium exotique , tout est si calme…

Je tâche de me ré-freiner mais une terrible sensation Houellebecquienne me parcourt le corps. Suis-je arrivée au bout de cette plage comme les personnages banals de ses romans, à la recherche d’une “île” loin du quotidien, d’un autre possible, tout cela pour me heurter à une horde de Suédois neurasthéniques?

10 mars
J’ai pris l’habitude du groupe suédois, sans avoir ressenti l’envie de nouer connaissance. Mon groupe “yoga vacation”  et celui des “vikings”  évolue chacun autour d’une routine fixe et bien distincte. Celle des suédois est beaucoup plus intensive que la mienne. J’ai été un peu agacée au début d’être dans un programme un peu allégé,  la petite blondinette moulée dans son legging fluo qui a donné le premier cours était assez inconsistante,je regrettais de ne pas avoir insisté dans mes recherches à Mysore pour aller faire une semaine de Ashtanga. Mais finalement j’ai trouvé mon bonheur en la personne de Ashok, un jeune prof Ashtanga de 30 ans avec qui j’ai pris des leçons en parallèle. Au bout de la 3e session, je bénissais les dieux de ne pas être allée à Mysore,  je me serais déboîtée la hanche et cassé le dos.  La première série est tellement intense et l’enseignement des indiens tellement martial que j’étais bien contente d’avoir des cours de yoga restauratif enseigné par une allemande qui nous parlait d’une voix calme des mouvements isométriques (contraction du muscle sans bouger le membre concerné) que nous étions en train d’exécuter presque à notre insu .