Pensées périphériques

Comme toutes les grandes villes du monde Tokyo n’échappe pas à l’étalage, sur plusieurs kilomètres, de zones péri urbaines, zup, centres commerciaux, parkings, et autres architectures fonctionnelles qui forment le tissu qui la relie à son aéroport (en l’occurrence Narita).
Ces lieux sont tout aussi insipides qu’ailleurs mais il y a tout de même une chose qui me les rend moins moribonds, c’est tout simplement l’extrême densité avec laquelle ils sont agencés dans l’espace. Au Japon comme on manque de place, les pôles d’activité ou de transport (comme on dit) ressemblent à de jolis Majorette et évoquent de petites ruches polyfonctionnelles qui s’agrègent sur un lieu donné et donnent une impression (sans doute artificielle) de vitalité.

Alors qu’en France où l’espace est moins un problème et bien on a la place d’étaler inexorablement les zups, créant non pas des ruches multifonction mais des non lieux comme l’ethnologue Marc Augé l’entend : “espace interchangeable où l’être humain reste anonyme”.  Ces sensations sont très subjectives, bien sûr, l’homme moderne étant très souvent anonyme, mais je remarquais que les non lieux Japonais me mettaient moins mal à l’aise que les non-lieux du monde rural Français, par exemple. J’ai notamment en tête ces grandes surfaces, agencements disgracieux d’Algeco géants,  posés aux alentours de petites agglomérations Jurassiennes en proie à la désertification, c’est tellement triste. Retirer l’acte direct du petit commerce pour le mettre dans une boite et le déshumaniser…

En tout cas, c’est drôle que ce soit en traversant la banlieue de Tokyo que ces images du Jura me reviennent…