Voyage à porte d’Aubervilliers

Traversé en vélo du nord parisien en commençant pas longer le Canal St Martin. Longé le playground et le skate park pleins de mecs athlétiques et torse nus. Récupéré l’avenue de Flandres, puis crochet par le 104, traversé les rails de chemin de fer au niveau de la rue Riquet jusqu’à ce que celle-ci se transforme en Rue Ordener et que je réalise qu’il fallait en fait remonter la rue d’Aubervilliers. La rue est étroite avec une piste à vélo tracée en blanc juste sous les pneus des voitures. Je préfère le trottoir.

Il fait bon, un peu lourd, les magasins orientaux ont sortis leurs grandes tables couvertes de pain, de galettes, de dates et de pâtisseries. Il va faire jour pendant plus d’une heure encore. L’ambiance est électrique, les hommes attendent de rompre le jeun et le coup d’envoi de la coupe d’Europe. Ils sont en survet’, en djellaba, assis  devant des tables vides aux terrasses des cafés, pas un café, pas un verre d’eau, juste l’attente de la nuit.

Arrivée à la porte de la Chapelle, feu rouge.  Des femmes, des Roms’ vendent des merdes en plastique aux automobilistes, tandis que des africaines en boubou multicolore attendent leur bus et que les musulmanes font le paséo sur l’asphalte avec leurs enfants et leurs poussettes. Nous longeons le tram’ sur le boulevard Ney et arrivons à Porte d’Aubervilliers. De l’autre côté du périf’ se dresse le bâtiment en briquette de la Station des Mines. Les trottoirs sont jonchés de détritus, des enfants Roms s’approchent de nous pour taxer une petite pièce. Ils nous regardent avec leurs yeux brillants et nous sourient de toutes leurs belles dents blanches. Ils sont nombreux. On sent bien que l’on est chez eux. Pas d’adultes en vue. Nous rentrons sur le site de la Station des Mines qui inaugure le premier jour d’une programmation underground et estivale. La structure de la scène est simple, rien d’ostentatoire, ça sent la démerde. Il y a tout de même 2 food-trucks pour sustenter le public entre deux pintes de Grolsch.

Le soleil commence à décliner sur la gare; on voit se détacher en contre-jour les silhouettes des enfants qui dansent sur le toit d’un garage attenant…